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Negroponte cherche à contrer Chavez

de Stefanie Schüler le 14.05.2007

Le secrétaire d'Etat adjoint, John Negroponte tente de contrer l'influence de Hugo Chavez en Amérique latine.


Le numéro deux du département d’Etat américain tente de contenir l’influence grandissante du président vénézuélien. John Negroponte poursuit ainsi l’offensive de charme déjà commencée en mars par le président George W. Bush dans la région.

Après avoir effectué lui-même une longue tournée en Amérique latine au mois de mars dernier, George W. Bush a lancé le deuxième acte de son offensive de charme auprès de ses partenaires dans le sud du continent américain. Cette fois-ci, il envoie John Negroponte, l’adjoint de Condoleezza Rice dans la région : dernier épisode dans la bataille entre Washington et Caracas, qui se disputent l’influence sur les pays latino-américains.

Officiellement, le diplomate américain visite pendant six jours la Colombie, l’Equateur, le Pérou et Panama pour parler d’accords commerciaux, d’énergie et de nouvelles initiatives de coopération. Officieusement, il s’agit d’une mission bien plus délicate : maintenir les liens traditionnellement étroits avec les alliés de long date dans un contexte où le discours, aussi anti-libéral qu’anti-américain, de Hugo Chavez gagne de plus en plus de terrain.

Que les choses s’annoncent encore plus compliquées que prévu, John Negroponte l’a remarqué dès son arrivée, ce mardi, à Bogota, première escale de son voyage.

Le numéro deux du département d'Etat avait à peine posé le pied sur le sol colombien que ses hôtes passaient à l’offensive. A la télévision, un message a été diffusé qui avait le mérite d’être clair : dans une interview à la chaîne RCN, le vice-président colombien, Francisco Santos, prévenait son invité que la Colombie devrait «réévaluer ses relations avec les Etats-Unis», si le Congrès américain ne ratifiait pas les accords de libre-échange entre Bogota et Washington. Une non-ratification des accords par le Congrès américain serait forcement interprétée comme un message aux «ennemis éternels des Etats-Unis».

Messages peu rassurants pour Washington

John Negroponte, qui avait redouté une telle réaction, avait mis en garde les députés américains avant même de partir pour Bogota. Il avait alors reproché aux parlementaires démocrates - majoritaires depuis les dernières élections et opposés à la conclusion de nouveaux accords de libre-échange avec la Colombie – de prendre un risque grave en ne ratifiant pas les traités signés par l’administration Bush avec Bogota. «Ce serait une victoire pour les gens, qui souhaitent un autre développement, un développement alternatif dans cette hémisphère. Cela représenterait alors une importante défaite stratégique pour les Etats-Unis dans cette région», avait-il déclaré au début du mois à Washington.

A Bogota, M. Negroponte s’est empressé de souligner que «les Etats-Unis sont un grand ami de la Colombie», faute de pouvoir promettre aux Colombiens que le Congrès américain serait bien au rendez-vous pour permettre l’application des traités en question.

Si l’ambiance n’a déjà pas vraiment été à la détente en Colombie, le plus fidèle allié des Etats-Unis en Amérique latine, la situation s’annonçait encore plus sensible pendant la deuxième étape de la tournée, ce mercredi, en Equateur.

Ces dernières semaines, le président Rafael Correa, qui s’était fait élire fin 2006 grâce à un discours ouvertement anti-américain et très proche de celui de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, avait également fait des annonces peu propices à rassurer Washington : Rafael Correa a en effet décidé de ne pas renouveler un accord bilatéral sur les investissements et de fermer la seule base militaire des Etats-Unis en Amérique latine. Il s’agit d’une base aérienne, située non loin de la ville portuaire de Manta, qui est utilisée pour la surveillance du trafic de stupéfiants.

Avec ces deux annonces, le ton était donné. Avant de gagner les eaux, probablement plus calmes, au Pérou et au Panama, le dialogue entre le président équatorien et le numéro deux du département d’Etat américain devrait donc être «franc», comme on dit en langage diplomatique.


RFI - Familia Ramón
www.rfi.fr/actufr/articles/089/article_51701.asp

 

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