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Juillet 2007: Maux d’excuse

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Dessin de W oznia k - www.wozwoz.net

Juillet 2007: Maux d’excuse

Au début on tente d’exprimer ses émotions. On raconte des moments de vie, on imagine des contes, on se fait des histoires…
Puis, on renouvelle l’exercice. On essaye d’être plus juste, d’amener le lecteur jusqu’aux ingénieux méandres de son âme ou comme aurait dit S. Freud jusqu’à déballer les frustrations libidineuses de son inconscient.
Exercice difficile !

Il y a des règles certes. On assemble tout d’abord les 26 lettres de notre alphabet latin, représentation de nos phonèmes occidentaux hérités des premiers balbutiements protosinaïtiques du 16ème siècle avant J.C. Avec ces lettres on forme des mots dont chacun exprime un signifié, un concept, une forme. On commence alors à peindre, à sublimer les simples mots, à rentrer dans les maux.
Le mot amour, isolé, peut paraître puissant. Il a la vigueur d’un arbre aux feuilles verdoyantes et la générosité féconde des fleurs du printemps. Mais, le mot amour, isolé, c’est aussi l’image de l’impossible qui mène au doute puis au désarroi. C’est la tyrannie d’un concept abstrait, d’une quête perdue d’avance.
L’art de l’écriture ce n’est pas simplement de décrire au mieux les sentiments que l’on veux exprimer grâce à la palette de mots mis à notre disposition, c’est aussi de savoir isoler le lecteur de ses propres concepts, de l’amener jusqu’à notre monde et de l’enfermer là, pour qu’il nous comprenne au mieux. Il ne s’agit pas qu’il lise le mot amour avec ses propres yeux, mais qu’il pénètre nos maux d’amour au travers des notre. Du point de vue du lecteur c’est une formidable ambition que de vouloir le faire rêver, le sortir de son quotidien, le faire voyager dans des horizons nouveaux. Sans cynisme aucun, je peux vous affirmer que du point de vue de l’écrivain, il relève de la nécessité thérapeutique de se décharger sans aucune pudeur sur le premier venu. Et c’est d’autant plus facile quand il s’agit d’un inconnu. Et comment pourrait-il en être différemment ? On ne connaît pas son lecteur, on ne le rencontrera jamais, aucun espoir d’un éventuel échange. Il s’agit bien d’un acte à sens unique, d’un exercice avec soi même où le fait de savoir que l’on sera écouté relève bien plus de la psychanalyse que de l’altruisme.

Les paysages, ces derniers mois, ont continué de défiler sous mes yeux candides. Les gens atypiques, les communautés les plus farfelues, les quotidiens les plus étranges, les quêtes les plus absurdes me sont apparus dans des contextes toujours fortuits.
Alors pourquoi ne plus avoir écrit d’éditos ces derniers mois ?
Faute d’égoïsme !
Le bonheur de ne rien imposer ou peut-être la volonté de créer enfin un dialogue.

PS :
Après ces excuses à deux balles, je veux, tout d’abord, féliciter el Monolo y la familia. La relève ch@nguitos est assurée.
Puis je veux envoyer un abrazo à toute la familia chango que j’ai quitté il y a longtemps. Les amis ont appris avec le temps que ma notion de la fidélité était des plus fragile mais qu’elle n’était pas synonyme de désaffection. L’amitié est bien là.


:: Santi Montero ::
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