www.radiochango.com www.radiochango.com
GATS

 [ZEBDA]

ZEBDA

Zebda Zebda
Retour Retour 

Envoyer à un ami Envoyer à un ami 
 
Esta página necesita Flash Player para mostrarse correctamente
Haga clic aquí para descargarlo
  Zebda Zebda Entrevue avec Magyd
 de Mono Lo, SEPTEMBRE 2002
 
Zebda

  Plus d'info

el Chango

  Accueil

  Editos

  Artistes du Chango

  Photos

  Vidéos

  TV

  Disques du Chango

  Concerts

  News

  Konscience Sociale

  Le Catalogue

 · Zona-K, iTunes

  L@s Changuit@s

 · Forums, Chat, Mailing list

  Radio

  Castellano

  Italiano

  English

  Català

  Contacter

  Donations

Chercher





Venus de Toulouse la veille et accompagnés du guide local Manu Chao et d'un Gambit aidé de béquilles, le groupe Zebda, invités de dernière minute pour remplacer Fela Kuti, avaient donné rendez-vous à la presse dans le hall de la station de train France, au coeur du port de Barcelone, siège du Festival des Fêtes de la Merced, patronne de Barcelone

Un rendez-vous que Radiochango ne voulait pas manquer avec des artistes que l'on voulait incorporer à la page depuis nos débuts.



Vous êtes à Barcelone un peu par hasard car c'était Fela Kuti qui était prévu et finalement il a annulé et on vous a demandé de venir un peu au dernier moment. C'est un coup de chance que cette date soit libre car vous êtes repartis en tournée avec un calendrier super chargé. C'est reparti ?
Ouais, on est reparti et Barcelone, on a toujours envie d'y aller. La dernière fois on était allé au Bikini et cela c'était très bien passé.

Cela vous donne envie de venir plus souvent en Espagne ?
On va -c'est vrai- relativement peu en Espagne car on a tellement de dates, en France notamment- et on joue tellement de temps qu'après on est fatigué et on a pas vraiment le temps de faire d'autres dates, en Espagne comme en Italie.

Combien de concerts avez-vous faits avec Essence Ordinaire ?
Environ 180 concerts en deux ans et demi… Après autant de dates, on s'est créé un petit réseau de manière naturelle, de salles avec qui on s'entend bien, avec qui on est allié.

Cela change en quoi d'avoir les salles qui vous demandent et plus à galérer pour trouver où jouer? Vous dites oui à tout ?
Non, on ne dit pas oui à tout. On est face à un excédent de demande et donc on fait des choix et ils sont plus ou moins heureux. Et on s'en rend compte dans la réalité, sur place. Mais, ici de toutes façons… Enfin, de Toulouse à Barcelone, on peut dire qu'on se sent comme à la maison. Il y a ce truc que l'on sent de manière assez forte. C'est comme si l'on jouait dans le quartier d'à côté.

Et il y a les copains qui sont là. C'est quoi votre relation avec les artistes de Barcelone et plus particulièrement avec Manu Chao ?
On va souvent à Barcelone. C'est un lieu - je dirais pas de pèlerinage- mais une ville où l'on aime aller à l'improviste.

Vous avez des quartiers que vous préférez ?
Je crois que tout tourne autour des Ramblas.
Manu ensuite, il y a un rapport affectif. On s'est connu il y a des années, et on a tout de suite senti que l'on était de la même famille. On a la même manière de voir les choses. Après, au niveau musical, on adhère complètement à ce qu'il fait. Voilà, il y a l'affectif, la musique et la réflexion sur le monde.

Justement, par rapport à cela, on sentait au niveau de l'anti-globalisation qu'on avait à la mi-2001, un élan extra. Même les médias, ce qui était assez paradoxale, s'y mettaient… Et on sent que depuis le 11 Septembre, le mouvement est pas mal retombé et on sent que les préoccupations de solidarité, de respect de l'environnement, ne préoccupent plus les gens.
Je crois que c'est une réalité si tu veux. Nous, en France, on a eu, récemment des élections avec Le Pen au second tour. On avait pensé que le Front National était fini et tout à coup, cela émerge. On avait pensé que le 1er Mai, les gens allaient réagir pour la manifestation. Ils sont sortis dans la rue le 1er Mai, et le 2 mai, c'était fini… Je crois que les valeurs anti-mondialistes existent fortement chez les gens : tout le monde voit que cela ne va pas et a envie que les choses s'améliorent. Le problème c'est qu'ils ne voient pas de solution ni d'amélioration et finissent par se lasser. Et on ne voit pas quel cheminement prendre pour y aller vraiment.

Vous, qui avez fait de la politique avec Les Motivés et avez eu l'occasion de changer les choses, quel constat en gardez-vous? C'est un constat amère ou vous avez envie de continuer et il y aura un Motivés 2 et 3?
Non, ce n'est pas un constat amère. C'est juste que quand tu rentres en politique, tu rentres dans un engrenage et il ne faut pas te faire d'illusions. Faut pas prétendre vouloir changer le monde. Si autant de gens, la droite, la gauche, les communistes, on tous eu, à un momment donné le pouvoir et qu'aucun ne présente quelque chose d'excitant qui entraîne les citoyens, au bout d'un moment, les gens se disent : c'est tous la même chose. Et nous derrière, on peut pas dire qu'on ait trouvé les solutions. On veut un autre monde, où l'écologie prenne toute sa place, où la solidarité prenne toute sa place, mais on ne trouve pas un cheminement efficace.

Un leader ou des idées pour porter le mouvement ?
Ou un leader ou des idées, oui, un peu les deux. Car la mécanique libérale est incontournable: nous par exemple, on est chez la maison de disque Universal. On a bien essayé la logique alternative (Zebda a édité plusieurs cassettes auto-produites à leurs débuts), mais cela ne fonctionne pas. Alors, comment faire ? Il n'y a pas de solution radicale qui soit viable. On ne peut pas dire : on lâche Universal et nous même on part avec nos valises distribuer nos disques dans les magasins. C'est pareil pour tout le reste : comme il n'y a pas de solution radicale alternative, les gens se fatiguent.

Les compromis ?
Ouais, les compromis. Et les compromis te font perdre de l'énergie en réalité.

Et à Toulouse au niveau de la Municipalité, vous avez réussi à faire bouger les choses ?
Je pense qu'avec la Municipalité, les gens on eu envie de nous porter. Après, au second tour, les gens on dit : Non, on assure. Pourtant, la population de Toulouse, comme bien d'autres, au fond, ne donne pas cette image. Cependant au bout du compte, elle dit : "pas de risques, pas de vagues". Faut prende les choses comme elles sont, et à un momment donné, les gens nous disent "Mais, où allons nous?". Et ces questions là, on ne peut pas se permettre de dire que l'on a une réponse.

Alors que d'autres embobinent, vous préférez être honnètes.
Oui, les autres ont réponse à tout et embobinent.

Des gens suivent derrière vous à Toulouse ?
Ah, oui. Il faut bien que les choses soient claires : Motivés ce n'est pas Zebda. Nous on a appuyé médiatiquement, mais il y a une vie après Zebda. Il y a des gens qui se retrouvent et réfléchissent en permanence à travers des rencontres, des comissions. Mais on sent un essouflement car les gens disent; "OK, mais après…". Après rien, après, ou vous êtes nombreux et on fait avancer les choses, ou à l'image de tous les mouvements, à un moment donné, il y a une espèce de fatigue car on ne voit pas rapidement s'annoncer un avenir meilleur.

Ce week-end, c'était les "1 an" de EZF à Toulouse. Et je me souviens qu'il y avait eu après cette explosion accidentelle, toute une paranoïa anti-musulmans. On était une semaine après le 11 septembre… en France, on a senti un regain de tension et de peur. En Espagne aussi, on a senti une radicalisation de la droite et une médiatisation démesurée des phénomènes d'immigration clandestine. Certaines personnes, on fait l'association.
Oui, en France, on a eu ce sentiment anti-musulman. "il y a eu une explosion, c'est forcément les arabes". "Et c'est forcément un attentat". Nous, issus de l'immigration, on vit un peu dans cette double paranoïa. C'était comme si les terroristes étaient arabes et les victimes arabes. Si on est victimes, c'est des arabes. Si on est bourraux, c'est aussi des arabes. On ne sais plus comment se situer. Après c'est descendu, mais cette pression monte et redescend en permanence. Elle est toujours là, cette idée du monde arabo-musulman qui est une terreur.

C'est entretenu par les médias, cela. Car au niveau des jeunes, depuis 20 ans, les choses se sont améliorées et tout le monde n'est pas dupe.
C'est entretenu par les médias, bien sûr. Mais les choses doivent avancer, certainement dans le sens de la tolérance des uns vis-à-vis des autres, mais en même temps, il y a la Guerre d'Algérie qui traine depuis 40 ans, le problème de la Palestine, le problème de l'Iran, de l'Irak, de l'Islam en général…

Pourtant je trouve que le sentiment est plus pro-palestinien en France qu'en Espagne ou que dans d'autres pays européens.
Pour un certain nombre d'intellectuels, oui, mais pour la population de base, le palestinien, c'est l'arabe du coin. Et il y a un certain amalgame qui est fait entre le palestinien et le jeune issu de l'immigration, ce qui est complètement infondé.

Les jeunes aujourd'hui, le sentent encore beaucoup ?
Si on parle de la jeunesse en général, il y a une désillusion, ils ne croient plus en rien. Et c'est légitime : comment croire en un parti politique aujourd'hui? Et pour les jeunes issus de l'immigration, il s'agit d'une double désillusion parce qu'ils sentent bien au fond qu'ils ne sont pas chez eux… même s'ils ont une scolarité, des mecs comme moi pour les faire rêver, des perspectives professionnelles, ils sentent toujours à un moment qu'il y a "eux", et il y a "nous". Et c'est là que réside le problème. Il faut faire en sorte que se construise un "Nous".

Comment tu décrirais le nouvel album ?
On a beaucoup dit que c'était un album plus sombre que les autres. En fait il ne l'est pas tant que cela, mais peut-être un petit peu plus. En fait du point de vue créatif et artistique, ça a été quelque chose de très excitant. Les trucs chauds, la fête et les bonnes ambiancea, ça a toujours été quelque chose que l'on a travaillé dans le passé. Et là, on a voulu traduire de la douleur. C'est de la douleur globale et c'est aussi dix années qui sont passées que l'on avait envie d'évoquer avec plus de mélancolie. Et en même temps, on voulait se rapprocher de Zebda, et sentir qu'il y a un batteur, un bassiste, une guitarre. Se rapprocher des instruments de base de Zebda. C'est un album peut-être plus musical.

Comment vous créez au niveau musique et textes ?
Les textes c'est moi, et comment on crée? La musique c'est vraiment un bouillon, c'est tous ensemble : un de nous vient avec un air ou une mélodie, une ambiance, des accords de guitarre dans la tête, et chacun rajoute son petit truc.

Et vous continuez à répéter ?
Ça fait lontemps que l'on ne répète plus… Maintenant on a plus envie d'avoir une vie… privée, une vie individuelle. Toulouse reste la base pour tous. Quand on fait de la musique pour Zebda, on est tous ensemble pendant un mois ou deux. Tu as 15 mecs dans un bus avec l'objectif de pouvoir faire bouger les gens. Après, on fait une pose pendant deux mois pour se ressourcer.

Comment se sont passé les retrouvailles avec la scène ?
Le premier concert s'est déroulé il y a 15 jours, 3 semaines et les sensations ont été supers.

Comme avant ?
Je crois que c'est mieux qu'avant parce que chacun a pris son maximum d'énergie. On a tous concentré le meilleur en nous et on sent que c'est beaucoup plus fort.

Dans une semaine c'est une nouvelle édition de "Ça Bouge Encore". Nous, on a encore en tête la fête de l'an dernier et vous voir faire les cons sur la scène du concert de Manu Chao. Cette année cela s'annonce comment?
Fela Kuti a annulé. Là c'est Spook On The Guay, Zebda, Mathieu Chedid -qui est quelqu'un qu'on aime beaucoup-, Benabar -un petit groupe de musique à la française, que l'on aime beaucoup-, un chanteur kabyle qui est un peu notre idole à nous et que les gens ne connaissent pas. C'est beaucoup moins spectaculaire que l'an dernier…

Et les Fly And The Tox, groupe que j'adorais, c'est fini ?
Ouais, mais tu peux encore croiser Nicolas Cassagnot dans des petites salles et bars de concerts sur Toulouse.

L'Erich Coffee?
Ouais (sourire), entre autres.

Il y avait une génération terrible de toulousains avec les Spook, Sandoval, les Fly et vous. La nouvelle génération arrive ?
Moi je connais pas trop: Zebda me prend toute la tête et quand je vois un groupe, à par les encouragements, je ne me sens pas promoteur, distributeur ou manager. Les jeunes sont là pour prendre la place et il faut qu'ils la prenent. Après, si des liens se font, ils se font, mais on ne peut pas dire que l'on ait un lien assidu avec la jeune scène musicale toulousaine. On entend surtout parler de choses déjà confirmées. Il y a l'univers du hip-hop qui est vraiment intéressant car même s'il se cherche encore, il apporte vraiment quelque chose.

[haut de page]

 

 Partage RadioChango!

 Facebook MySpace del.icio.us Mister Wong! Digg Twitter Google Yahoo Technorati Meneame Fresqui Favoriting Blogmemes Blinklist Enchilame
RadioChango 2001 - 2010