Dessin de W oznia k - www.wozwoz.net
La rumeur est arrivée jusqu'à Lima au Pérou. Triste et desespérante de prime abord. Johnny Mc Load a mis entre parenthèse son bistrot parisien à l'angle de la rue des Bluets et du boulevard de Ménilmontant... C'est drôle car depuis le début de l'année, j'essayais parfois d'imaginer lors des longues heures de bus qui occupent mon voyage comment le Babel pouvait désormais fumer sur le trottoir. La seule bonne nouvelle apportée par la rumeur est peut-être là : le Babel ne fumera jamais sur le trottoir.
Ainsi va la vie. Un café qui change de tavernier, c'est souvent tout un monde qui disparaït et change ses habitudes. La déprime expliquent les uns. "Ou est-ce qu'on va se retrouver maintenant ?" se lamentent d'autres. Car retournez Paris dans tous les sens, fouinez en banlieue, cherchez à Mantes-la-jolie, Marseille, Bruxelles, Nancy ou Barcelone. Le Babel c'était le babel et Johnny c'est Johnny : Philosophe, historien, conteur et chanteur du bistrot parisien. Le Babel ou la zdagzdagologie du zinc. Nous la portons désormais en nous et nous essaierons de la transmettre par petites touches ici ou là aux ames receptives.
Un mois déjà et la rumeur qui court à Lima, c'est que tonton Mc Load a désormais du temps. Du temps pour écrire. Du temps pour jouer et pour chanter. Et si Johnny souffle, respire et vogue vers de nouveaux projets, nous voilà un peu soulagés !
Reste tous les souvenirs inoubliables et les légendes qui se sont écrites ou qui ont été chantées autour de ces humbles tables en bois.
Combien de projets de rêves et d'utopies, combiens d'"animals", près à sortir leurs instruments pour des boeufs incroyables. Des guitares, des accordéons, des flûtes, des violons. Et ces discussions magnifiques jusqu'au petit matin, le brassage des cultures et de nos différences, le respect des uns et des autres. Le respect toujours, qui n'a jamais empéché les rires de fuser et les colères d'éclater.
Personnellement, j'ai appris le sens de la justice et de l'injustice dans les salles d'audiences des tribunaux. La géographie, je l'appréhende sur les chemins du monde. J'ai vu les souffrances du sud et l'insouciance du nord. Mais c'est au Babel, dans mon quartier de Ménilmontant que j'ai compris l'art et la poésie, le sens des mots et la force des notes.
Dans ma tête défilent toutes ces bonnes vieilles têtes qui font l'âme du Babel et qui ont forgés notre identité, la mienne. Peut-être en faite vous partie ? A Lima, la rumeur dit aussi que Babylone ne meurt jamais.
Alors suerte aux successeurs d'ici ou d'ailleurs. Zdagzdag forever...
Dans nos coeur et sur la route.