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Decembre 2008: Barack, Mumia et Léonard

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Decembre 2008: Barack, Mumia et Léonard

Yes... He could !

5 novembre 2008, 2h57
« Barack Obama semble remporter l'élection mais nous vous donnerons les résultats complets et définitifs aux alentours de 5h... »
Présentateurs, présentatrices, chroniqueurs, chroniqueuses, journalistes... Ils et elles ont tous et toutes fait le déplacement. Ils et elles discutent en attendant la fin de la « nuit américaine ». Parce que leurs voix ne suffisent pas aux téléspectateurs et téléspectatrices, on y rajoute, en boucle, les images de la campagne qui s'achève.
Cette fois-ci, j'éteins !

5 novembre 2008 ,10h47 :
La liesse. Mieux, la messe. Tous les médias fêtent la victoire du « 1er président noir des Etats-Unis ». Plus qu'un symbole, il libère... « Yes we can, yes he can, yes they can ».
La conjugaison est parfaite !
Le symbole est beau. C'est vrai. Mais...
Car n'y a t-il pas toujours un « mais » ?
Dans cette grande messe médiatique, rares sont encore celles et ceux qui semblent avoir pris un peu de recul sur cette victoire*.

Rien n'est tout blanc
Rien n'est tout noir


Quelles sont donc les réelles perspectives de changement que laisse entrevoir l'élection de cet excellent orateur ? Nul ne peut le dire réellement. Pour le moment, ce ne sont que des promesses, des annonces lancées au peuple américain, au monde aussi.
On ne peut qu'espérer que certaines de ces promesses puissent être mises à exécution par la nouvelle administration qui prendra place en janvier.

Nouvelle administration ?

Hillary Clinton se console avec une nomination à la tête du secrétariat aux affaires extérieures. Il faut rappeler qu'en la matière, l'ex-« première dame » des USA a activement soutenu – en tant que sénatrice – les actions militaires des étasunien-ne-s en Irak et Afghanistan. C'est encore elle qui fera campagne pour une intervention en ex-Yougoslavie sous mandat de l'OTAN et non celui de l'ONU...
Dans cette « administration Obama », nous retrouvons l'actuel secrétaire d'Etat à la défense Robert Gates, reconduit dans ses fonctions. M Gates a débuté sa carrière à la CIA en 1966. Il gravit alors patiemment les échelons dans l'organisation de renseignements. En 1987, Reagan propose donc sa nomination à la tête de la CIA. Il devra se raviser, le rôle de Gates dans l'Irangate étant en première ligne. Ce sera Bush père qui fera de lui le patron de l'agence en 1991. Bush fils le nommera donc en 2006 secrétaire à la défense. Une certaine partie de la presse vient nous chanter le pragmatisme de Gates. Notamment, on cite souvent la baisse des violences en Irak depuis son arrivée à la défense... D'autres, comme l'équipe du Monde Diplomatique, nous donnent quelques clefs de compréhension à ce sujet.
On ne peut que se réjouir en revanche de la nomination de Susan Rice au poste d'ambassadrice US auprès de l'ONU. Elle remplacera John R. Bolton, qui avait notamment déclaré : « les Nations Unies n'existent pas. Il y a seulement la communauté internationale, qui peut être dirigée par la seule super-puissance restante, qui sont les États-Unis ».

Indices...

Certains indicateurs pourront aussi nous alerter sur la réelle volonté politique d'Obama dans les premiers instants de la prise de fonction de son administration. La sécurité sociale universelle, l'éducation, des thèmes de campagne importants.
Sur le plan mondial, les relations avec Cuba constituent aussi un indice.
Le 30 octobre dernier, soit quelques jours avant l'élection de Barack Obama, l'Assemblée générale des Nations Unies a, une fois de plus, condamné et demandé l'arrêt immédiat de l'embargo sur Cuba**. Obama ne semble pas avoir pris fait et cause de ce vote. Pendant la campagne, il a pu affirmer la nécessité d'un dialogue avec les dirigeant-e-s cubain-e-s mais pas question de lever l'embargo.
En attendant, on peut rêver que Barack Obama gracie les « 5 de Miami ». Et qu'il poursuive et extrade Luis Carriles Posada.

A suivre...

Free Mumia Now !

Jamais le slogan n'aura été plus actuel...
« Barack Obama réconcilie son pays avec l'Histoire ». Pourtant... Mumia Abu Jamal attend encore
cette « réconciliation », depuis 1982. Condamné à mort pour un meurtre qu'il n'a pas commis, sa peine vient tout juste d'être commuée en peine à perpétuité par la Cour Suprême des Etats-Unis ! Mais cette décision vient elle-même d'être mise en appel par le procureur de Philadelphie.
Après plus de 25 ans de procédure sur cette affaire, Obama aura le pouvoir de gracier purement et simplement Mumia Abu Jamal. Et ce dès le lendemain de son investiture.

« Je n'oublierai pas Léonard »

« Depuis 1977, Leonard Peltier, indien, membre des tribus sioux, est emprisonné au pénitencier de Leavenworth, au Kansas, Etats-Unis. Il a 64 ans et purge une double peine de perpétuité, accusé du meurtre de deux agents du FBI. Il clame son innocence depuis vingt-cinq ans. Ses défenseurs soutiennent qu’il a été victime d’un procès politique et d’une condamnation « pour l’exemple », alors qu’il n’existe aucune preuve de sa culpabilité. Malgré la mobilisation internationale des défenseurs des droits humains et des amis des Indiens d’Amérique, Leonard Peltier est toujours emprisonné et son cas demeure peu connu du grand public. » ***.
Léonard Peltier est un des plus vieux prisonniers politiques au monde.

En 1996, pendant la campagne présidentielle étasunienne, Bill Clinton visite la réserve de Pine Ridge, rencontre un certain nombre de défenseurs et défenderesses de Léonard Peltier. « Je n'oublierai pas Léonard » annonce Clinton.

Aujourd'hui, Léonard Peltier est toujours en prison.
Pourquoi Clinton ne lui a-t-il pas accordé sa clémence ? Peltier répond : « Je ne sais pas. Vraiment, je ne sais pas. C'est le coeur du problème. Je le sais. Peter Coyote, qui est un acteur d'Hollywood que je connais depuis l'époque des hippies, était délégué pour la Californie pendant la première campagne électorale de Clinton pour les présidentielles. Bien sûr, Clinton a été élu. Ils ont donc appelé tous ces délégués pour leur demander quelle faveur ils souhaiteraient recevoir de Clinton en retour de leur contribution au succès de son élection. Peter Coyote a donc répondu : " Écoutez, je veux parler au procureur général. " Il n'a pas rencontré Janet Reno mais obtenu un entretien avec un de ses assistants les plus hauts placés. Son bras droit. Peter s'y rend donc et discute pendant des heures. Il expose tous les détails de mon affaire, qu'il connaît parfaitement et leur dit : " Je demande la grâce pour Leonard Peltier. C'est la faveur que je demande. " Le type lui dit : " Je vous recontacterai. " Le type s'en est allé et l'a rappelé deux semaines plus tard en disant : " Vous savez quoi Peter ? Je vais être très honnête avec vous. Quand vous m'avez raconté toutes ces choses à propos du cas de Leonard, j'ai pensé que vous étiez un de ces gauchistes fanatiques. " Il a dit : " J'ai fait des recherches sur tout ce que vous m'avez dit, et tout est vrai. Mais malheureusement, Leonard Peltier est quelqu'un de très puissant et ils ne veulent pas qu'il sorte de prison. " Et c'est tout ce que je peux dire. » ****

Sinon,

Les milliards pleuvent encore,
Les bombes aussi...
L'Europe adopte un plan de « sécurisation » de la Somalie contre les « pirates »,
Le Congo attend encore le sien...

Sans transition et pour terminer, petit cours de sciences politiques...

« En attendant que la philosophie qui tient une race
Supérieure et une autre inférieure
Ne soit, enfin et définitivement,
Discréditée et abandonnée
Partout c'est la guerre,
Je dis : guerre

Qu'en attendant qu'il n'y ait plus de citoyens
De première et de deuxième classe, dans chaque nation,
En attendant que la couleur de peau d'un homme
N'ait pas plus de signification que la couleur de ses yeux
Je dis : guerre

Qu'en attendant que les droits fondamentaux de l'homme
Soient justement garantis pour tous,
Sans considération de race
C'est la guerre

Qu'en attendant ce jour
Le rêve d'une paix durable, d'une citoyenneté mondiale,
D'un règne de moralité internationale
Ne restera qu'une illusion éphémère
Poursuivie, mais jamais réalisée
Maintenant partout c'est la guerre, la guerre

Et en attendant que les régimes ignobles et malheureux
Qui tiennent nos frères, en Angola, au Mozambique,
En Afrique du Sud, dans un esclavage moins qu'humain
Aient été renversés, complètement détruits
Et bien, partout c'est la guerre, je dis : guerre

Guerre à l'est, guerre à l'ouest
Guerre au nord, guerre au sud
Guerre, guerre, rumeurs de guerre

Et en attendant ce jour, le continent africain
Ne connaîtra pas la paix, nous les Africains combattront
Nous pensons que c'est nécessaire
Et nous savons que nous gagnerons
Puisque nous sommes sûrs de la victoire

Du bien sur le mal, du bien sur le mal, du bien sur le mal
Du bien sur le mal, du bien sur le mal, du bien sur le mal »


Bob Marley « War » (paroles de Hailé Sélassié Ier
à l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies
New York City, le 6 octobre 1963)


La lutte continue !

El Matanzas


PS : on peut écrire à Léonard Peltier et Mumia Abu Jamal

Leonard Peltier
89637-132
UPS Lewisburg
P.O. Box 1000 Lewisburg,
Pennsylvania 47801

Mumia Abu-Jamal

AM 8335 SCI Greene

175 Progress Drive
Waynesburg,
PA 15370-8090 - USA


*A écouter pour contre exemple l'émission de Daniel Mermet "Là-bas si j'y suis" du 8 novembre 2008

**lire à ce sujet : http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7339

***http://www.monde-diplomatique.fr/2002/12/BERTET/17255

****Un Guerrier en Cage - Entretien avec Leonard Peltier par Ben Corbett

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