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[MANU CHAO] |
MANU CHAO |
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| Les indiens de Barcelone contre le sheriff de la mairie de Mono Lo, SEPTEMBRE 2002 |
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Tandis que sort dans toute l'Europe l'album qui clos le contrat avec Virgin, Manu Chao profite de l'occasion pour ouvrir une tribune aux musiciens de la rue qui sont victimes d'une politique répressive et d'interdictions de la part de la mairie de Barcelone. Cette même mairie utilise le métissage pour présenter les atouts de la ville catalane, particulièrement dans les présentation du Forum culturel qui aura lieu en 2004. La mairie présentera alors la ville comme la capital culturelle de L'Europe. Alors que les journalistes de toutes l'Europe cherchaient à rencontrer "EL desaparecido" pour la sortie du dernier album live, Manu Chao convoquait les médias catalans afin de donner sa version du métissage à Barcelone, la réalité de la rue. D'un côté ce que l'on vend, Barcelone métisse, la bohème, la rue et ses musiciens, de l'autre côté la réalité de tous les jours, les interventions policières qui confisquent les instruments de musique aux groupes, les expulsions des sans-papiers, la politique d'une mairie désirant éliminée les lieux d'animations spontanées. J'aurai voulu lui parler d'autres choses, mais aujourd'hui il s'agit d'utiliser sa popularité et l'intérêt des journalistes à la veille de la sortie du "Radio Bemba Sound System" pour faire connaître la dure réalité qui a lieu dans la rue. Contrairement à ce que pourrait penser certains, Manu Chao continue d'arpenter les rues et maîtrise son sujet. Il vient de sortir une compile alternative avec une vingtaine d'artistes des rues de Barcelone qui pour la plupart ont pu enregistrer en CD pour la première fois. Cette compile est bien sûre introuvable dans les kiosques, et il est fortement conseillé de la demandée à votre "artiste préféré". Aujourd'hui seuls quelques bars de Barcelone distribuent "La Colifata", album excellent, projet alternatif, échappant à l'économie au combien douteuse. La colifata est un programme de radio argentine qui part du principe que l'art et plus particulièrement la musique adoucit les douleurs. La qualité de cet Album, la Colifata, vous permettra de prendre conscience du formidable potentiel des rues de Barcelone. Mais les facteurs ne sont plus aujourd'hui favorables à l'expression de cet art. "Les politiques ne s'intéressent aujourd'hui qu'à ce qui se lit dans les journaux". Lundi 09 septembre est sorti une demi-page dans le journal le plus lu par les catalans "La Vanguardia" avec le titre : "Manu Chao : sortir les guitares dans la rue de Barcelone est plus dangereux que de voler". Manu a réussi son coup et il y a fort à parier que dans les bureaux de la mairie l'on s'active à la recherche comment remédier à cette image. Manu n'a pas changé. Il sait ce que cherche la presse et connaît les règles pour contrôler l'entrevue et sortir ce qu'il veux. Il nous rappelle que "la mission des artistes musiciens dans la société n'est pas de faire de la revendication mais du festif. Seulement on nous oblige de plus en plus à des actes de revendication". Un journaliste précise que l'on peu faire du festif, des actes de revendication, l'un n'excluent pas l'autre. "C'est justement notre spécialité" rétorque Manu avec un large sourire. Manu va droit au but : "En Allemagne on dit que Barcelone est la capitale de je ne sais quel métissage et ici au quotidien c'est une autre réalité. C'est tout ce que j'avais à dire." Puis il explique : "Si on veux parler de musique métissée, il faut déjà facilité le mélange. Beaucoup de gens viennent à Barcelone pour voir l'animation des rues, c'est ce que la mairie ne veut pas comprendre. Les gens aiment, le touristes s'y intéresse...Ce n'est pas nouveau qu'il y ait une grande différence entre ce veulent les gens et ce que font la mairie ou les politiciens." "Je suis d'accord sur le fait qu'à Barcelone existe un mouvement intéressant, mais ces politiciens le détruise chaque jour. Certains des musiciens sont connus, Manu, Wagner, Macaco et quelques autres. Mais les autres? Et l'avenir? Manu rappelle : "Paris a connu ce phénomène". "Mon école de musique a été plus Paris que Barcelone. J'ai commencé en jouant dans le métro à Paris, il y a 15 ans. C'était notre façon de vivre. Aujourd'hui jouer dans le métro de Paris est devenu compliqué. Il y a des milices qui contrôlent qui joue et ou. Ce qui n'existait pas, il y a 15 ans. Ce sont des milices privées, ce qui est toujours un peu dangereux." Javi Zarco, responsable de Mestizo Promo ajoute : "Il faut lutter contre un ou deux politiciens qui tentent de caler Barcelone sur le reste de l'Europe en obligeant à ce que l'on joue à un certain horaire et dans certains endroits. Ils finiront par nous obliger à jouer de 10h00 à 14h00. Ce sont ces mêmes politiciens qui vendent Barcelone 2004 avec l'idée d'une ville ou existe le métissage et un esprit bohème..." Une personne de la table d'à côté intervient : "Si l'on veut une musique métisse, il faut aussi penser aux immigrants qui permettent cet échange. Et si l'on fait quelque chose, il faut le faire pour tout le monde. Les immigrants musiciens, on sent que l'on nous considère à part. C'est un sentiment qui fait mal." Un membre du groupe Che Sudaka ajoute : "Nous sommes un groupe de gens de dehors qui jouons dans la rue pour faire passer un message : stop aux inégalités, aux discriminations, plus d'amour et d'harmonie! et c'est dans rue que l'on peux toucher les gens. J'aimerai aussi jouer dans un stade de 30000 personnes et faire passer ce même message, mais pour l'instant nous sommes dans la rue. Et on veux nous enlever ça." Manu Chao dénonce les contradictions de la mairie "Ils critiquent le prix du concert de la Merced (Fêtes de Barcelone de l'an passé), mais quand nous jouons gratuitement dans la rue, on nous envoie la police." Tous les groupes présents ont une expérience à raconter pour illustrer les affirmations de Manu. Rodrigo de Che Sudaka raconte : "La sécurité du métro nous a jeté puis ils se sont excusés en précisant qu'ils exécutaient les ordres. Un des garde a ajouté : Je suis désolé, je sais que tu ne déranges pas et les gens aiment la musique, mais on me paye pour te sortir du métro." Un autre membre de Che Sudaka sort quelques papiers et nous explique : "J'ai une guitare du Pakistan qui m'a coûté 20 euros et maintenant pour pouvoir la récupérer je dois payer une amende de 90 euros. Quand je suis allé la récupérer, on m'a dit que la police n'avait pas le droit de prendre les instruments…" Manu précise : "Il y a plusieurs problèmes que nous pouvons comprendre. Il y a les voisins, mais il y a des alternatives, des lieux moins dérangeants. On comprend les plaintes des voisins. Aucun musicien veut déranger et imposer sa musique." "Mais au lieu de réprimer tout le temps, que la mairie nous propose des alternatives, des endroits où jouer et pas des lieux perdus ou personnes ne peut écouter les musiciens, des endroits ou l'on ne dérange pas et où les musiciens peuvent gagner leur vie. Par exemple, le lieu idéal était le parc de la Ciudadela. Il y a beaucoup de touristes et des familles avec de des enfants, des vieux, pour voir les tambours que les enfants adorent, et des musiciens pour tout le monde. C'est un bon exemple, car il n'y a pas de problèmes de voisinage, que je sache. Toutes les revues et les guides qui vendent Barcelone, parlent du parc, et maintenant la police vient et sort les gens. Celui qui n'a pas de papiers est reconduit à la frontière et les autres ont leur confisque leur instrument. C'est complètement absurde, on ne comprend pas se besoin de nous déranger." Rodrigo de Che Sudaka nous explique l'argumentation d'un policier : "Les gens se regroupent pour écouter de la musique puis ils boivent de l'alcool et vendent de la drogue." "Ils veulent résoudrent le problème de la drogue en rejetant la musique?" Manu ironise "Je ne comprend pas pourquoi ils ne ferment pas les écoles? On y vend de la drogue, certainement plus qu'au Parque de la Ciudadela". "Retirer un instrument est un acte grave, aussi bien pour un enfant qui a économiser pour se l'acheter que pour un musicien qui en vie.", ajoute Javi. "Il y a des jeunes qui se cherchent dans la vie en jouant de la musique, ce qui me semble être une bonne chose. Si on le lui enlève, que lui reste t-il ?A voler, vendre de la drogue ? Manu commente la confiscation des instruments. " Je ne peux pas beaucoup donner mon opinion car je ne connais pas la loi. Mais nous devrions demander à un avocat pour savoir s'ils ont le droit de le faire." "Imagines-toi un musicien dans la rue avec un avocat à ses côtés." Répond Javi. Pour Manu Chao, il faut se défendre : "Ca me semble important qu'il y ait un avocat pour les musiciens des rue car on ne peux pas se laisser jeter comme cela sans savoir ce qui est légal ou pas. ". Beaucoup de gens vivent de ce que créent les artistes des rues. Le touriste qui va à Montmartre à Paris est fatigué de tout ce qui est organisé et aseptisé. Tout est fait pour lui soutiré de l'argent. Pour le moment, Barcelone n'est pas un tourisme Mc Donald et le touriste a encore d'autres alternatives que le Maremagnum (boîte surfaite de Barcelone). Mais on veux retirer, peu à peu ces alternatives. Ca ne se comprend même pas sur le plan économique pour la ville. On ferme un bar parce que l'on y fume des joints et le Maremagnum, parce qu'il donne beaucoup d'argent, continue son activité, malgré que l'on y ait assassiné un jeune. Se sont deux poids, deux mesures." Manu Chao nous quitte en résumant son message : "J'aurai voulu que les gens de la mairie soient la aussi. Ce que l'on vend aujourd'hui de Barcelone n'est pas la réalité. Le métissage et l'avenir des musiciens est très compromis. Certains d'entre nous apparaissons dans les journaux et les alimentons, mais nous sortons de la rue. Nous en sommes fiers, mais les nouvelles générations n'auront pas cette chance, ils doivent courir pour échapper à la police. Nous avons aussi eu des problèmes, mais pas autant. Ils ne peuvent plus jouer un quart d'heure." [haut de page]
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