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  Amparanoïa Amparanoïa Interview avec Amparo Sánchez
 de Mono Lo & el Mago, AOÛT 2003
 
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Au terme d'un concert très applaudi sur la fabuleuse scène jardin du Festival Esperanzah, Amparo a accepté de répondre aux questions de Radiochango.

Après Saint Nazaire en 2002, on était ravis de pouvoir interviewer à nouveau Amparo, pour parler de l'année écoulée, de son nouveau disque Enchilao et de la tournée européenne durant son étape à Floreffe. C'était également l'occasion de la revoir après le concert de Barcelone qui s'était terminé par une foulure de cheville d'Amparo. Pas d'inquiètude, Amparo est en pleine forme, toujours aussi militante et débordante d'énergie.



- La dernière fois que nous nous sommes vus à Barcelona, tu venais de te casser la cheville après le concert au Razzmatazz…
Je l'ai mal vécu mais j'ai continué à faire un tas de concerts. la moitié des concerts je les faisais assise, l'autre moitié, en dansant un peu mais je ne pouvais pas beaucoup dansé non plus… A la fin, je faisais les concerts toujours assise. J'expliquais aux gens ce qui m'arrivait, et les gens le comprenaient.

- ¿Que penses-tu du festival Esperanzah : de son concept, du site, de sa programmation?
Tout est impressionnant: la programmation, les gens qui viennent au festival, le marché des restaurants, les stands du marché,… tout est très intéressant Ce sont des festivals importants et nécessaires, d'autant plus à l'heure actuelle, où on créé la peur de ce qui est différent, de ce qu'on ne connaît pas. Qu'aujourd'hui, on soit ici, avec Cheb Balowski, Che Sudaka, qui sont de Barcelone et que l'on coïncide ici avec le reste des groupes, c'est quelque chose d'important. C'est ce qui devrait toujours passer, que les gens connaissent d'autres cultures et qu'il n'y ait pas de peur face à ce qui est différent, sinon un rapprochement, et on peut le faire à travers la musique, la gastronomie, en tombant amoureux… il existe des millions de manières, et le festival en est une, c'est le pari d'Esperanzah! Cela donne de l'espoir au monde, c'est le monde que l'on veut où il y a la place pour beaucoup de mondes. Le festival est une démonstration de que cela est possible.

- Aujourd'hui nous avons vu avec votre concert comme on l'a vu aussi avec Cheb Balowski, Che Sudaka, que même su le public ne comprends pas tes paroles, il s'amuse, passe un bon moment.
Il existe un langage qui n'a pas de langue, c'est la musique, c'est une énergie qui se transmet. Si tu veux que ton énergie se transmette, les gens vont te comprendre. Dans le cas de notre musique qui a beaucoup de racines populaires et festives, nous avons des moyens pour faire participer le public : des jeux avec les bras, les faire chanter… Pour nous, c'est très important que le publique participe. Sinon, nous ne ferions pas de concerts, cela n'aurait pas de sens.

- ¿Tu remarques des différences avec un public espagnol?
Non, chaque fois moins. C'est hallucinant mais c'est vrai. Au début, nous nous faisions toujours la même blague quand on allait jouer en Allemagne ou en Belgique : "on dirait qu'on est à Bilbao, mince! ", mais c'est vrai, nous voyons qu'il a de plus en plus de gens qui nous suivent, un public fidèle et très chaleureux.

- ¿Avec quelle impression aimerais-tu que le public reste après un concert d'Amparanoïa?
J'aimerais que les gens se sentent bien après un concert, et qu'ils pensent que nous sommes beaucoup à souhaiter une vie différente, que la joie peut faire partie de notre vie comme la révolte. J'aimerais qu'ils partent avec ce sentiment, que l'on peut faire des choses et qu' ils aient aussi passé un bon moment. Cette rencontre me permet de reprendre des forces. Me retrouver avec des gens me donne des forces. Dans un concert où on communique et vibre beaucoup, je crois que tout le monde prend des forces pour continuer en avant.

- ¿Comment continue ta tournée, tu as beaucoup de dates? Vas-tu revenir en Belgique?
Oui, nous avons beaucoup de dates. Nous reviendrons en septembre en Belgique pour le Krak Rock. Demain, nous sommes dans le sud de la France. Apres, nous irons en Italie, nous avons quelques dates en Espagne. En Hollande, il nous arrive une histoire hallucinante: le groupe Galexico aime beaucoup notre disque Enchilao, et nous ont invité à faire leur première partie à Rotterdam le 07 août. Cela va être une expérience hallucinante, parce que ce n'était pas prévu et que comme tout la bande ne peut pas y aller, nous allons faire un Sound System ! Nous irons aussi en Allemagne, au Popkomm, je crois que c'est un festival important. En septembre, notre disque sortira en Allemagne. Ensuite, on s'en va en Amérique Latine, et en Novembre, on termine par l'Allemagne, l'Italie, la Suisse (et peut être la France) et on finit le 26 novembre. Ensuite, en décembre, on veut partir à Cuba. Là-bas, on connaît un groupe de raggamuffin, Grupo Uno, qui organise des festivals et cela leurs coûte beaucoup d'efforts, nos aimerions emmener un partie de notre studio et que l'on enregistre ensemble.

- Avec une tournée si importante, as-tu le temps de profiter de ta musique, avec tes amis, la guitare…?
C'est très difficile, mais j'essaie d'en profiter lorsque l'on se retrouve avec nos amis musiciens sur le chemin, mais c'est beaucoup moins souvent qu'avant. C'est ce que je regrette le plus, ces après-midi mortes que l'on passait à jouer de la musique et à parler. Mais c'est la vie que l'on a choisit et elle nous plaît.

- As-tu le projet de faire un nouvel album prochainement?
Non, j'aimerais faire un disque live, long, qui serait un parcours des quatre disques joués comme on le fait maitenant, ce sera comme des nouvelles versions. On le fera peut être l'année prochaine ou cette année s'il nous reste du temps. En ce moment, notre disque sort dans plusieurs pays, et si avant on nous appelait beaucoup pour faire des concerts maintenant encore plus! Je ne peux pas penser pour le moment à un enregistrement en studio. Pour Enchilao, nous nous sommes enfermés dans notre maison, et avec la guerre, la marée noire en Galice, la mort de notre ami Carlitos (guitariste de Dusminguet), ça a été une époque très dure. Maitenant, je veux utiliser le studio d'enregistrement pour aider d'autres groupes.

- Quelle a été la réaction des gens à ton nouveau disque Enchilao?
Très bonne. Le disque sort dans beaucoup de pays et maintenant en Amérique Latine, on va sortir un disque Rebeldía con Alegría qui reprends des thèmes de nos derniers disques : Somos Viento et Enchillado. En Octobre, nous serons au Méxique, là-bas, nous attendent et nous avons très envie d'y aller.
Maintenant, nous récoltons les résultats de Somos Viento. La première année que l'on jouait cet album, les gens ne connaissaient que les premiers disques. C'est toujours pareil, nous avons toujours un disque de décalage. Alors, je crois que l'année prochaine, comme nous ne sortirons pas de nouveaux disques, les gens connaîtrons Enchilao.
Enchilao est un disque assez différent des autres, il correspond bien à notre répertoire mais il est assez radical, nous avons recherché un nouveau son. En general, le public accroche beaucoup avec des chansons comme Pueblo Joven, ou Dolor, dolor, qui sont des chansons qu'ils n'ont jamais entendus mais qui transmettent des choses et qui marchent bien.

- Dans le nouveau disque, vous introduisez des nouveaux sons comme l'électronique, le violon des Balcans. Comment êtes-vous arrivés à cette évolution ?
L'électronique vient en grande partie de Muñeco (un des membres du groupe), il adore les machines et est un grand musicien. Il fait des tas de choses très intéressantes. Pour les autres instruments, ce n'est pas quelque chose de préméditer, cela surgit tout simplement..

- As-tu prévu d'aller au Chiapas prochainement?
Oui, lors de notre tournée en Amérique Latine, l'idée est de d'aller au Mexique et de descendre au Chiapas. La situation est toujours aussi mauvaise et je veux y aller avec ma guitare et leur chanter des chansons…

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